TechMed Innov 2026 : faire évoluer les modèles d’innovation en santé

Le 15 octobre dernier à Rennes, Biotech Santé Bretagne a réuni les acteurs bretons des technologies médicales pour une journée de partage autour de l’innovation responsable, de la santé des femmes, des fablabs en santé et des collaborations entre recherche, entreprises et établissements de soins. Organisée par BSB, cette deuxième édition de TechMed Innov a mis en lumière une conviction : pour répondre aux besoins de santé d’aujourd’hui et de demain, l’innovation se construit collectivement, au plus près du terrain.

Dès l’ouverture, les échanges ont souligné la richesse de l’écosystème breton et l’importance des croisements entre les filières ; Et c’est le rôle de Biotech Santé Bretagne : mettre en relation les acteurs, accompagner les transitions et contribuer à faire émerger des projets utiles au territoire breton.

Une première réflexion a porté sur la manière de choisir et de concevoir les innovations en santé. En 2026, dans un contexte de ressources contraintes, plusieurs intervenants ont invité à questionner leur pertinence : répondent-elles à un besoin réel ? Sont-elles accessibles ? Leurs impacts sociaux, environnementaux et économiques sont-ils pris en compte ?

La recherche responsable suppose de placer les personnes au cœur de la démarche, non seulement comme bénéficiaires, mais aussi comme participantes à la conception. Les interventions ont également rappelé les enjeux liés au numérique et à l’intelligence artificielle : biais, fiabilité des résultats, conséquences sur le travail et empreinte environnementale. Autant de dimensions à intégrer dès les premières étapes d’un projet.

La santé des femmes a constitué un des temps fort de la journée. Les échanges ont mis en lumière des lacunes persistantes dans la recherche, les données et les pratiques de soin, ainsi que leurs conséquences sur le diagnostic et la prise en charge. L’endométriose en est une illustration : malgré sa fréquence, les patientes peuvent connaître un long parcours avant d’obtenir un diagnostic et un accompagnement adaptés.

Les intervenantes ont souligné l’importance de financer et de développer davantage de recherches dédiées, mais aussi de mieux prendre en compte l’expérience vécue par les patientes. Celle-ci ne se résume pas aux résultats d’une imagerie ou à une intervention chirurgicale : le suivi et la qualité de vie après le traitement comptent également.

Le Living Lab santé des femmes présenté lors de la journée s’inscrit dans cette approche participative. Il vise à faire émerger des projets, à tester des solutions en conditions réelles et à sensibiliser les acteurs aux enjeux de la santé des femmes. Parmi les initiatives évoquées, le projet W-ELLES travaille à un parcours de prévention et de soin destiné aux professionnelles soignantes du CHU de Rennes.

Les retours d’expérience d’entreprises ont illustré la diversité des innovations développées en Bretagne. Blueback a présenté ses dispositifs de biofeedback pour la rééducation musculaire et périnéale, ainsi que leur utilisation dans l’accompagnement de patientes atteintes d’endométriose. BeezBiotech a, de son côté, décrit son dispositif EVA, qui s’inspire du processus naturel de fécondation pour sélectionner les spermatozoïdes en laboratoire.

La journée a également abordé la responsabilité environnementale des dispositifs médicaux et des pratiques de soin. Le SNITEM a présenté son baromètre RSE et les principaux axes de travail de la filière : éco-conception, décarbonation, gestion de la fin de vie des produits et achats durables. L’Index DM durable, conçu pour aider les acheteurs à mieux prendre en compte les critères environnementaux, a également été présenté.

En Bretagne, le projet Handi’cap vers l’écoresponsabilité, mené à la Fondation Saint-Hélier avec Hopinnov et From the Bloc, montre comment ces enjeux peuvent être intégrés aux pratiques quotidiennes. Des protocoles de soins ont été étudiés afin d’identifier des options pertinentes pour les patients et les soignants, tout en limitant leur impact environnemental. La démarche s’appuie sur l’écoute et l’accompagnement des équipes de terrain.

Carole Pannier, Julie Busnel et Charlotte Garraud – Projet Handi’cap vers l’écoresponsabilité

Les échanges consacrés aux fablabs en santé ont mis en avant leur rôle dans la conception partagée de solutions. À Brest, la plateforme W.Print du CHU réalise notamment des modèles anatomiques pour la formation, la recherche et l’éducation thérapeutique,

Le Breizh Fabribus, de l’UBO Open Factory et de la Fondation ildys, va à la rencontre des habitants, des ergothérapeutes, des aidants et des personnes concernées pour faire connaître les possibilités de fabrication et accompagner des projets d’aides techniques. Les Rehab Labs, avec l’exemple du Centre de kerpape, intégrés à des établissements de santé, permettent quant à eux de créer des solutions personnalisées avec leurs futurs utilisateurs en situation de handicap. Un principe essentiel : une aide technique a davantage de chances d’être adoptée lorsque la personne a pris part à sa conception. L’exemple de My Human Kit a également été très inspirant, l’association déploie un projet d’intérêt général consistant à développer le pouvoir d’agir des personnes en situation de handicap. En utilisant la force combinée de la solidarité, du fait maison et de la fabrication numérique, My Human Kit démontre que la diversité et l’intelligence collective sont essentielles à une société inclusive.

Les échanges lors de la table ronde ont aussi rappelé que ces démarches doivent tenir compte des exigences de qualité et du cadre réglementaire, particulièrement lorsqu’elles se déploient au sein d’un établissement de santé.

Table ronde sur les nouveaux modèles d’organisation avec : Willy Allègre, Charlie Dréano, Samuel Guigo et Yves Quéré

Plusieurs échanges en duo ont montré comment les collaborations entre laboratoires, entreprises et établissements de santé peuvent faire progresser un projet vers son application clinique. Les témoignages d’Intradys et du CHU de Brest, de LTSI et d’Oktoscience, ainsi que du LaTIM et d’Ostara Surgery ont abordé des sujets variés : communication au bloc opératoire, neuromodulation et épilepsie, ou encore conception personnalisée de prothèses du genou.

Ces collaborations donnent aux entreprises un accès au terrain clinique et à l’expertise des professionnels, tandis qu’elles peuvent contribuer à la recherche et à l’amélioration des soins. Les intervenants ont toutefois souligné les obstacles qui peuvent freiner leur développement : enjeux juridiques et réglementaires, intégration aux systèmes d’information, commande publique et passage de l’expérimentation à l’échelle industrielle.

La journée a enfin donné la parole à de jeunes chercheuses et chercheurs, qui ont présenté leurs travaux sur la rééducation, l’intelligence artificielle en traumatologie et l’analyse de l’imagerie pour mieux prendre en charge l’endométriose.

En réunissant chercheurs, entreprises, professionnels de santé, structures d’accompagnement et personnes concernées, TechMed Innov 2026 a permis de croiser les expériences et de faire émerger des pistes de collaboration. Les échanges ont souligné l’importance d’une innovation ancrée dans les besoins réels, attentive à ses impacts et construite avec celles et ceux qui la concevront, la mettront en œuvre ou en bénéficieront.

C’est dans cette dynamique que Biotech Santé Bretagne agit comme animateur de la filière santé en région : créer des passerelles, faciliter les rencontres et accompagner les acteurs pour faire progresser ensemble les innovations en santé.


📩 Vous avez une question sur notre événement TechMed Innov ? Un projet d’innovation dans le domaine des technologies médicales en Bretagne ? Contactez Guirec Hillion, responsable du développement de la filière santé : guirec@biotech-sante-bretagne.fr

Publié le 26/10/2026

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