Cette année, Askorn, entreprise bretonne spécialisée dans le développement d’instruments chirurgicaux, fête ses 20 ans. Rencontre avec son fondateur, Denis Pichon, qui nous explique comment cette entreprise, basée à Cesson-Sévigné près de Rennes, allie expertise mécanique, innovation et rigueur réglementaire pour répondre aux besoins des chirurgiens du monde entier – de la Bretagne à l’Australie, en passant par les continents asiatique ou sud-américain.
Askorn, 20 ans d’innovation en orthopédie et au-delà
Denis Pichon, Askorn fête ses 20 ans cette année. Comment résumeriez-vous l’aventure ?
« Nous sommes une équipe de passionnés et l’essence de notre métier est avant tout la mécanique du corps humain. ! Chez Askorn, le squelette est le châssis du corps humain. Le cœur de notre métier c’est principalement l’orthopédie dans ses deux composantes : la reconstruction de la mobilité et la traumatologie pour ce qui concerne l’urgence, mais aussi la chirurgie des tissus mous comme les tendons et ligaments. Au-delà de l’orthopédie, notre expertise en mécanique s’applique à bien d’autres domaines : neurochirurgie, colonne vertébrale, chirurgie esthétique… Nous développons des implants et des instruments pour des chirurgies très variées, avec le souci de favoriser la sécurité et la précision du geste opératoire. «
Vous parlez de « mécaniciens ». Pourquoi ce terme ?
« Parce que c’est notre ADN ! Au-delà des fonctions support, les compétences que nous mettons en œuvre sont issues de la mécanique, auxquelles nous associons les contraintes liées au corps humain. Nous sommes principalement des ingénieurs mécaniciens. Quand un chirurgien ou porteur de projet nous décrit un besoin, nous le traduisons en solutions techniques. Par exemple, nous avons développé un dispositif pour la réparation des fractures articulaires de la main, en collaboration avec un chirurgien rennais. L’objectif ? Permettre aux patients de retrouver toutes leurs mobilités. C’est très concret : on conçoit, on teste et évalue, puis on industrialise dans le cadre des contraintes réglementaires. »
Produits développés par Askorn – De gauche à droite : Extracteur de tige fémorale, FINGERFIX SMART pour les fractures complexes du doigt, pince FINGERFIX pour coupe de broches, pince ALIX pour pliages et coupes de broches (coupe par cisaillement).
Une expertise réglementaire clé pour les dispositifs médicaux
La réglementation est un enjeu majeur pour les dispositifs médicaux. Comment votre entreprise Askorn peut-elle aider les porteurs de projets ?
« Par rapport au produit considéré, la réglementation impose des contraintes qui sont fonction du risque perçu par le législateur : classe I (dispositifs de moindre risque), les produits de classe IIa, IIb, et enfin les produits de classe III comme les prothèses de hanche ou de genou. Chez Askorn, nous maîtrisons tout le spectre. Pour les classes I, nous développons par exemple des dispositifs non invasifs, stériles à usage unique, ou réutilisables (ce qui intéresse de plus en plus les chirurgiens soucieux de l’impact écologique de leur activité). Nous avons la certification ISO 13485, avec une option pour les instruments réutilisables, ce qui nous permet la mise sur le marché de dispositifs dotés de l’agréments FDA (États-Unis) et du marquage CE (Europe), c’est une clé d’entrée vers de nombreux marchés. »
Vous proposez aussi un service de « portage de marquage CE ». De quoi s’agit-il ?
« C’est un service clé pour nos clients, notamment les start-ups ou les chirurgiens qui veulent innover et développer leurs produits. Nous prenons en charge le développement du produit : conception, qualité, réglementaire et fabrication via notre réseau de sous-traitants européens (que nous auditons régulièrement). Le client peut ensuite commercialiser le produit, sous son nom et avec Askorn comme fabricant légal. C’est une solution clé en main, qui évite au client de gérer les complexités réglementaires et industrielles et de se concentrer sur la promotion et la commercialisation de son nouveau dispositif. »
La réglementation européenne a beaucoup évolué ces dernières années. Comment accompagnez-vous vos clients sur ce volet ?
« Nous proposons des services en gestion de la qualité et en remédiation réglementaire. Par exemple, si un dossier technique doit être mis à jour pour se conformer aux nouvelles règles, nous intervenons pour le retravailler, Nous pouvons aussi gérer toute la démarche qualité d’un nouveau produit de A à Z. Aujourd’hui, la partie réglementaire représente une grosse part de l’investissement nécessaire au développement d’un dispositif médical. Nous savons monter des dossiers efficacement pour l’Europe, les États-Unis et d’autres pays tels que l’Australie. »
Askorn produit et distribue aussi ses propres produits
Quels sont les produits phares développés par Askorn ?
« Nous avons une gamme de dispositifs de classe I pour l’orthopédie, notamment pour la chirurgie de la hanche, du genou et de la main. Par exemple, nous avons conçu des instruments pour protéger les ligaments du genou lors des interventions, un autre système pour optimiser la qualité des radiographies du genou avant une intervention ou pour maintenir le patient d’une manière stable pendant une opération de la hanche. Ces produits sont distribués par notre société sœur Aked. Nous collaborons aussi étroitement avec la Société Française de Chirurgie de la Main : je participe d’ailleurs en ce moment à un cours sur la réparation des fractures articulaires de la main, avec un dispositif que nous avons développé. »
Askorn ne fabrique pas elle-même ses produits. Comment gérez-vous la production ?
« Nous avons un réseau de sous-traitants experts en Europe, que nous sélectionnons et auditons régulièrement. Cela nous permet de mutualiser les coûts pour nous et nos clients et de garantir une qualité irréprochable. Nous maîtrisons toute la chaîne, de la conception à la mise sur le marché, sans avoir à investir dans des outils de production. C’est un modèle agile et économique qui correspond à la taille d’Askorn Medical. »
Toute cette expertise avec ses propres produits, Askorn en fait bénéficier ses clients.
💡 Plus d’informations : www.askorn.bzh
Publié le 19/05/2026